Home arrow BibleInfo arrow Numéros précédents arrow Eté 2008
Editorial Version imprimable

Moi je vous dis: Aimez vos ennemis, (…) faites du bien à ceux qui vous détestent.

Mt 5.44 

couverture Peu d’hommes publics se sont illustrés en prêchant et vivant ce verset. C’était le cas de Martin Luther King dont l’anniversaire de la mort tragique, il y a 40 ans, était rappelé par de nombreuses églises et œuvres évangéliques ce trimestre. Au cours du temps, souvent, la chrétienté n’a pas eu le discernement espéré pour reconnaître et soutenir les causes justes. Heureusement, il nous reste quelques figures célèbres qui se sont laissées guider justement par l’Esprit de Dieu. Merci donc aux Martin Luther King (MLK), aux William Wilberforce, aux «Justes» du Chambon-sur-Lignon, etc., auxquels nous pouvons nous accrocher comme à un fil rouge ténu, qui relie la chrétienté dans son histoire à l’Evangile.
Ce verset de Matthieu 5.44 est en exergue au chapitre 5 de son livre La force d’aimer. MLK y développe une vision pratique et actuelle du sermon sur la montagne, avec une détermination à chercher les solutions aux questions les plus graves dans l’amour du prochain: «A nos adversaires les plus farouches, nous disons: ‘A votre capacité d’infliger la souffrance, nous opposons notre capacité d’endurer la souffrance (…). Jetez-nous en prison, et nous vous aimerons encore. Envoyez à minuit dans nos communautés vos cagoulards perpétrer la violence et nous laisser à demi-morts, et nous vous aimerons encore (…). Un jour, nous gagnerons la liberté, mais pas pour nous seuls. Nous lancerons à vos coeurs et à vos consciences un tel appel que nous vous aurons gagnés en chemin et que notre victoire sera une double victoire.’ L’amour est la puissance la plus durable du monde.» Et ce paragraphe continue avec cette affi rmation: «Jésus a raison éternellement.»
Les agressions mentionnées n’étaient pas hypothétiques, elles étaient la vie des communautés noires en 1955.
Il y a un autre anniversaire, ce trimestre, que nous évoquons plus loin dans ce journal, celui des 60 ans de l’Etat d’Israël.
Si l’on se réjouit du sens que doit avoir cet accomplissement dans le plan divin, on regrette tellement que cette vérité de Mt 5.44 soit si difficile à comprendre pour le peuple israélien.
Nous avons besoin de toute la révélation de l’Evangile de Jésus-Christ pour saisir les intentions profondes de notre Dieu et pour comprendre et vivre ses commandements.
La théologie de Martin Luther King n’était peut-être pas des plus orthodoxes (cela dit, les traces que j’en ai trouvées étaient toutes antérieures à 1955, date à laquelle son ministère et sa foi se sont particulièrement affirmés), mais il était là où Dieu l’attendait, dans ses paroles comme dans ses actes publics.

Aujourd’hui, l’Eglise est malheureusement plus souvent là où le monde l’attend, dans la revendication de ses prérogatives morales plutôt que dans l’amour du prochain, sans parler de l’amour de ceux qui nous détestent.
Car aimer ceux qui nous haïssent est un autre exercice. Faut-il connaître l’injustice et l’oppression pour y parvenir véritablement? Espérons que non.
Tout en restant lucides sur les faiblesses de cet homme attachant, nous pouvons nourrir notre foi de ce qui en a fait un témoin vivant de l’Evangile de Jésus-Christ.
Aujourd’hui encore, sans aller bien loin, les injustices sont assez nombreuses autour de nous pour que nous nous rappelions ce qu’il écrivait et que nous l’appliquions, même au risque d’avoir à aimer un grand nombre de personnes qui nous détestent…

Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Considérez quel est le bilan de leur vie et imitez leur foi. Hé 13.7

Jean-Pierre Bezin